Conserver la mémoire Et après ?

Pour des durées de quelques siècles, on peut compter sur des moyens de transmission classiques : le langage, les symboles, les images... En revanche certains déchets ont des durées de vie bien plus longues, il faut alors tenter d'imaginer au mieux les besoins des générations futures et trouver des solutions robustes face au temps.

1 000 ans après...

Si quelques siècles sont suffisants pour que les déchets stockés dans les centres de surface ne présentent plus de risque, les déchets stockés dans les centres souterrains resteront radioactifs sur de plus longues périodes de temps. Des réflexions sont menées par l'Andra pour transmettre les informations concernant ces centres aux centaines de générations à venir et conserver cette mémoire sur des millénaires.

Comment s'assurer que le message que l'on souhaite transmettre sera lisible et compréhensible pour nos lointains descendants, quels que soient leurs savoirs et leurs cultures ? En collaboration avec des spécialistes de diverses disciplines (archéologues, anthropologues, historiens, linguistes...), des réflexions sont en cours pour comprendre les ressorts de la mémoire et comment les informations sont parvenues jusqu'à nous à travers les âges.

Le passé comme source d'inspiration

Pour conserver la mémoire des centres de stockage sur des échelles millénaires, il faut envisager d'autres mondes et d'autres sociétés.  L'étude du passé est alors indispensable. Du patrimoine hérité de nos lointains ancêtres, il nous reste des peintures rupestres, des parchemins, divers objets, des ouvrages d'art (pyramides, mégalithes...). La conservation de la mémoire pendant une très longue période de temps est donc possible : elle pourrait prendre diverses formes. La principale question reste la préservation du sens du message que l'on souhaite transmettre.

Quelle part avons-nous réussi à conserver ? Quelle compréhension en avons-nous ? Comment ce patrimoine a t-il été conservé et comment a-t-il franchi les guerres et les révolutions ? Quelle lisibilité en avons-nous aujourd'hui malgré les évolutions de langage ? 

Dans certains pays, il a été imaginé, par exemple, de construire au-dessus des centres de stockage souterrains des ouvrages tels que les pyramides. Même s'ils résistent à l'érosion et au vandalisme, encore faut-il que les générations futures en comprennent le sens...

Et si les centres de stockage sont oubliés ?

Etant donné l'incertitude de pouvoir conserver la mémoire des centres de stockage sur de très longues périodes de temps, l'oubli de ces centres doit être possible sans que cela ne représente un risque pour nos descendants. Cette possibilité est donc prise en compte dans la manière dont les centres sont conçus.

Les centres de stockage des déchets radioactifs sont ainsi conçus pour être fermés et rester sûrs sans qu'aucune intervention de la part des générations futures ne soit nécessaire.

Le risque en cas d'oubli vient alors surtout de l'éventualité que quelqu'un s'introduise dans l'un de ces centres sans en connaître le contenu. Quelques siècles sont suffisants pour que les déchets stockés dans les centres construits en surface ne présentent plus de risques du fait de la décroissance naturelle de leur radioactivité. En revanche, les déchets stockés dans les centres souterrains ont des durées de vie beaucoup plus longues. Pour pallier ce risque, ces centres sont donc construits :

  • à des profondeurs de plusieurs centaines de mètres,
  • dans des régions ne présentant pas de ressources naturelles pour limiter au maximum le risque de creusement.