Classification Les déchets de faible activité à vie longue

Les déchets de faible activité à vie longue sont pour l’essentiel des déchets anciens ou issus d’activités anciennes. Ils regroupent différents types de déchets comme les déchets dits "radifères" ou "de graphites". Les premiers résultent principalement de l’utilisation de minerais légèrement radioactifs, alors que les seconds proviennent de la première génération de centrales nucléaires (Uranium Naturel Graphite Gaz), aujourd’hui arrêtées et en cours de déconstruction.

Deux grands types de déchets FA-VL

Illustration d'un graphique présentant les secteurs produisant des déchets de faible activité à vie longue

Les déchets "radifères" doivent leur nom au radium qu’ils contiennent. Ils proviennent essentiellement du traitement de différents minéraux comme le zircon ou le minerai d’uranium… Les industriels extraient de ces minéraux les terres rares utilisées pour la fabrication de composants électroniques, de pots catalytiques et dans la métallurgie fine. Certains de ces déchets proviennent également de l'assainissement d'anciens sites pollués par la radioactivité.

Les déchets de "graphites", du nom du minéral qu’ils contiennent, sont produits lors de la déconstruction, aujourd'hui en cours, des premières générations de centrales nucléaires en activité dans les années 1960 (Uranium Naturel Graphite Gaz). A l’époque, les combustibles utilisés dans ces centrales étaient entourés de chemises faites en graphite, variété très pure de carbone. 

Les autres déchets FA-VL

D’autres déchets FA-VL existent tels que :

  • d’anciens objets radioactifs fabriqués dans l’entre-deux guerres : fontaines au radium, montres…
  • Des paratonnerres, des détecteurs d’incendie…

Pour l’essentiel, leur production s’est arrêtée ou doit s’arrêter prochainement. 

Dans les années 40 et 50, le radium était utilisé dans la fabrication de montres et réveils... Plus particulièrement dans la peinture  "phosphorescente" utilisée sur les cadrans et aiguilles de ces objets d’horlogerie.
3 réveils anciens
Des sources de radioactivité étaient utilisées dans la fabrication d’objets comme des paratonerres ou des détecteurs de fumée. Aujourd’hui, ces objets sont collectés pour être gérés de manière adaptée.
un ancien paratonnerre et un détecteur de fumée
La déconstruction des 9 réacteurs français de première génération, datant des années 60, est aujourd’hui en cours. Dans ces réacteurs, les combustibles nucléaires étaient entourés de graphite ; cette variété de carbone permettait alors de contrôler la réaction nucléaire.
conbustible nucléaire entouré de graphite
Fontaine au radium datant de l’entre-deux-guerres. Ces fontaines contenaient une source de radium permettant d’irradier chez soi l’eau de boisson ou de son bain.
fontaine au radium
Les déchets radifères se présentent souvent sous la forme de gravats. Ces derniers sont constitués de résidus obtenus après traitement, par les industries classiques, de minéraux naturels comme le minerai d’uranium ou le zircon.
gros plan sur un monticule de déchets radifères

 

A savoir : au 31 décembre 2010, il existait 87 000 m3 de déchets FA-VL. L’Inventaire national prévoit un volume total de 89 000 m3 de déchets FA-VL produits d'ici fin 2020 et de 133 000 m3 d'ici fin 2030. L'importante augmentation de volume de ces déchets dans les années à venir provient essentiellement de la déconstruction des premières centrales nucléaires et non d'une production liée à une activité encore en cours.

Que fait-on des déchets FA-VL ?

Comme tout déchet radioactif, les déchets FA-VL sont destinés à être stockés définitivement dans des centres industriels adaptés. Ils sont faiblement radioactifs en comparaison des autres déchets radioactifs. En revanche, les susbtances radioactives qu’ils contiennent resteront radioactives sur de très longues périodes, de quelques milliers à quelques centaines de milliers d’années…

Compte tenu de la durée de vie de ces déchets, les centres qui les accueilleront devront être construits, sous terre, entre 15 et 200 mètres de profondeur. La roche, dans laquelle ces centres seront construits, sert ainsi de barrière naturelle pour retenir les substances radioactives sur de très longues périodes de temps, tant qu’elles présentent un risque. Un tel centre n’existe pas aujourd’hui et fait actuellement l’objet d’études. 

Avant de pouvoir un jour être stockés, ils devront d’abord être traités, puis conditionnés selon des normes bien spécifiques.

Tout comme leur mode de gestion, le traitement et le conditionnement de ces déchets font actuellement l’objet d’études. Certains déchets radifères sont cependant déjà conditionnés dans des fûts métalliques et entreposés.

En attendant la création d'un centre pouvant les accueillir, les déchets FA-VL sont entreposés dans des installations spécifiques, le plus souvent sur le lieu même où ils sont produits.